
Une ville où la noirceur a pris le dessus sur la lumière depuis des décennies... |
| | Acier trempé... [Alexandrine] | |
| | | Auteur | Message |
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Ludovic Sergeï Humain

Inscrit le : 20 Avr 2008 Messages : 19
| Sujet: Acier trempé... [Alexandrine] Mar 22 Avr - 18:14 | |
| Ludovic s'épongea le front, immergea l'épée qu'il venait de fabriquer et la retira rapidement de l'eau. Plus tard il lui adjoindrait une dague assortie... Il contempla son œuvre : fusée en os, agréable à la paume, pommeau travaillé... Il plia la lame à 90° avec appréhension. Elle résista et reprit sa forme initiale. Dure et souple… Il venait de créer une rapière digne d'un des plus grands faiseurs du XVIIème siècle. Elégante et relativement légère, elle pouvait aussi bien être utilisée par une femme que par un homme. Une réussite qui lui rapporterait pas mal d'argent mais qu'il ne vendrait qu'à un connaisseur ou une connaisseuse. Il aimait que la qualité de son travail soit reconnue.
Ludovic éteignit sa forge. Il avait passé l'après-midi dans son atelier pour mettre la dernière main à son épée et le soleil commençait à décliner, il était temps de donner congé à son employé et de retourner dans son magasin.
Un médecin français avait eut l'idée astucieuse de créer un instrument pour laver des prisonniers appelé "douche" il y avait un peu plus de 25 ans de cela et il faut dire que l'invention était géniale. Elles avaient d'abord été collectives et commençaient peu à peu à être installées chez des particuliers en avance sur leur temps. Ludovic aimait tout ce que pouvait apporter le progrès et en avait fait installer une non seulement chez lui mais également dans son atelier pour le côté pratique. Nettement plus fonctionnel qu'une baignoire dans une forge… Il enleva le vêtement informe en coton dont il se servait pour travailler, retira tout le reste et prit sa douche avant de se rhabiller correctement.
Il disciplina ses cheveux, sortit de l'atelier et pénétra, frais et propre, armé de sa nouvelle arme dans l'armurerie. Après l'avoir montrée à son employé il lui chercha des yeux une place de choix dans le magasin.
Tu peux rentrer chez toi, Peter… dit-il à son commis. Passe une bonne soirée et fais attention à toi. Dépêche-toi avant qu'il ne fasse nuit, il fait déjà sombre… Je fermerai le magasin. J'ai encore quelques petites choses à mettre en place et je dois jeter un coup d'œil sur ma comptabilité…
Peter s'apprêta à partir et Ludovic regarda la recette de la journée pour revenir à son idée première : trouver un endroit approprié pour mettre en valeur l'épée. Il la posa dans une vitrine, recula, et peu satisfait de son choix la reprit pour la poser sur un autre présentoir, dos tourné à la porte.
Le timbre de la sonnette actionnée par l'ouverture de la porte du magasin se fit entendre et il ne se retourna pas, certain que le petit carillon émis avait été provoqué par le départ de Peter. Et il était peu probable qu'à cette heure tardive quelqu'un soit entré au moment ou Peter sortait…
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|  | | Alexandrine Bathordy Vampire

Inscrit le : 06 Avr 2006 Messages : 43
| Sujet: Re: Acier trempé... [Alexandrine] Jeu 24 Avr - 13:48 | |
| Le soleil venait de s'éteindre à l'horizon et c'est en laissant place à une lune dodue et bien ronde, qu'il réduisit à néant tout obstacles contraignants et susceptibles de nuire aux créatures de la nuit. Vampires pouvaient maintenant marcher au dehors, sans être happés par une mort brutale, ce qui était bien loin d'être lénitif pour les mortels, mortels la plupart insouciants du péril qui les guettait chaque nuit.
Les rues plongées dans une semie-obscurité fantômatique, une fine brumaille accentuant l'aspect spectral du paysage, étaient pratiquement désertiques à cette heure. Seuls quelques ivrognes et catins, semblaient ne pas se soucier du dangé qui risquait de croiser leur chemin.
Quelque part non loin de la boutique de Ludovic, une fine silhouette se découpa lentement à l'horizon. On aurait pu croire à l'apparition d'un fantôme tellement ses pas étaient élégants et éthérés.On avait l'impression qu'elle marchait sur un amas de nuages vaporeux, impression sans doute projeter par la brumaille qui était très basse à ce stade. Une femme à la taille délicate, d'une beauté angélique mais toutefois pernicieuse, marchait lentement, affûblée d'une longue cape blanche dont le capuchon couvrait une longue chevelure fuligineuse. Son regard azur figé devant elle, Alexandrine avait déjà un point fixe à atteindre. En même temps, peut-être aurait-elle un faible pour un petit casse-croûte en chemin ? Ses pas confiants la menait droit vers la boutique d'armes de la ville. Pourquoi ? Eh bien...
Alexandrine s'immobilisa tout près de la porte de la boutique, alors qu'au même moment, un homme ouvrait la porte, s'apprêtant à en sortir. Un sourire malsain modula ses fines lèvres, et d'une vitesse phénoménale, elle se retrouva derrière l'homme. Elle bloca la porte de son pied afin de ne pas faire tinter la clochette, puis tira la tête de Peter vers l'arrière et planta ses canines dans son cou alors que celui-ci, trop surpris, ne fit qu'ouvrir la bouche sans en laisser échapper le moindre murmure. Lorsque le coeur du pauvre homme cessa de battre, la vampire cessa brusquement de s'abreuver et poussa le cadavre afin de le faire tomber un peu plus loin, comme si il n'avait été qu'un objet sans importance.
« Reposez en paix, Peter... », chuchota-t-elle, un petit rictus cruel au coin des lèvres.
Elle r'apporta ensuite son attention à l'intérieur de la boutique, où un jeune homme semblait occuppé à ses affaires. Le pauvre bellâtre n'avait pas même remarquer qu'à ce même moment, son camarade avait trouvé la mort, juste derrière lui. Triste, triste...
Elle entra donc, laissant refermer la porte derrière elle, ce qui fit tinter la clochette. Elle lècha rapidement le reste d'une preuve tangible qui lui était restée sur les lèvres sans que l'homme n'eusse le temps de voir, et au moment où il se retourna pour regarder, elle lui adressa un mince sourire, presque d'apparence timide.
« Bonsoir... je sais que vous fermez bientôt boutique mais... je me suis permise de risquer tout de même d'entrer... si vous le désirez, je peux quitter les lieux... mais je suis prête à payer le prix », lui dit-elle d'une voix douce, figeant son regard azuréen sur son visage.
Joli morceau d'homme, il fallait le reconnaître... dommage qu'il soit humain, quel gâchis... _________________
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|  | | Ludovic Sergeï Humain

Inscrit le : 20 Avr 2008 Messages : 19
| Sujet: Re: Acier trempé... [Alexandrine] Sam 26 Avr - 13:50 | |
| Ludovic, qui s'apprêtait à déposer son épée sur un présentoir plus approprié à la mise en valeur de ce bel objet se retourna machinalement vers la rue lorsque la clochette tinta, dans un réflexe l'incitant à verrouiller la porte pour la soirée.
Se croyant désormais seul il s'immobilisa, surpris, en découvrant l'apparition qui lui faisait face et s'excusait timidement de pénétrer si tardivement dans son magasin. Belle apparition en vérité…, bien qu'à demie dissimulée sous une cape blanche qui faisait ressortir la qualité opaline de sa carnation, un teint de lys qui indiquait qu'elle était jeune fille de bonne famille comme le voulait la mode de son époque. … Ni une paysanne donc, si une servante venue sur ordre de son maître… Déduction confirmée d'ailleurs par un maintien aristocratique et une élégance naturelle.
Un détail frappa vaguement Ludovic : elle venait sans chaperon, mais peut-être sa suivante attendait-elle dans un fiacre non loin du magasin ? Seulement la jeune demoiselle lui proposa de quitter les lieux et il laissa cette particularité de côté, offrant un sourire ouvert à sa cliente potentielle.
*Les affaires sont les affaires* pensa-t-il hypocritement, se donnant une bonne excuse pour la retenir.
"Vous êtes la bienvenue, Mademoiselle…" dit-il avec un sourire ouvert qui n'était pas seulement dicté par l'intérêt commercial. "N'ayez aucun scrupule, je suis maître chez moi et ne suis pas tenu à un horaire… Par contre je répugnerais à vous retarder et vous faire courir le moindre risque en vous laissant sortir seule de mon magasin à une heure trop avancée… Peut-être êtes-vous étrangère à cette région ? Il ne fait pas bon sortir tard le soir, ici…"
Tout en parlant il alla verrouiller la porte, interdisant ainsi toute irruption désagréable d'une meute de ces monstres qui infestaient la ville. Si un client honnête désirait entrer il suffirait qu'il frappe à l'huis et montre patte blanche avant que l'armurier vienne lui rouvrir.
Il n'était pas de bon ton de proposer à la jeune fille de la raccompagner ensuite, ils venaient juste d'échanger trois mots… Tout à l'heure, peut-être ? Il ne lui échappait pas qu'elle serait en danger si elle ressortait seule…
"Que puis-je pour votre service ?" demanda-t-il aimablement en allant se placer derrière un comptoir, son épée toujours en main. Il la posa dessus et releva les yeux vers la jeune fille avec un léger sourire où n'était pas exclue une certaine fierté. "C'est ma dernière création", expliqua-t-il.
"Que recherchez-vous ? Une arme pour vous ou pour un homme ?"
Cette question il devait la lui poser pour savoir ce qu'elle cherchait. Accessoirement la réponse lui donnerait quelques éléments sur la vie privée de l'ange qui était entré. Cet ange-là était très certainement au-dessus de sa condition de commerçant, mais il était normal qu'il s'intéresse à sa clientèle, n'est-ce pas ? Et si elle était en danger dans cette ville, quoi de plus normal qu'un homme normalement constitué se sente un tantinet protecteur ?
Il attendit patiemment qu'elle lui réponde, pouvant cette fois s'attarder sur son visage et découvrant sous le capuchon une chevelure sombre et un regard d'azur qui le captiva tant qu'il baissa instantanément les yeux pour ne pas paraître irrespectueux, et provoquer une inquiétude de la demoiselle de se sentir seule en sa présence dans un endroit clos. |
|  | | Alexandrine Bathordy Vampire

Inscrit le : 06 Avr 2006 Messages : 43
| Sujet: Re: Acier trempé... [Alexandrine] Mar 20 Mai - 11:26 | |
| Alexandrine resta immobile, ses yeux posés patiement sur le jeune humain, attendant une réponse de sa part. Il pouvait tout aussi bien refuser, surtout à cette heure si tardive. Ce serait asser regrettable de quitter aussi rapidement qu'elle n'était venue. Ses intentions en cette nuit n'étaient pas des plus malsaines, contrairement à ses habitudes. De toute facon, elle avait déja prit son repas, qui reposait inerte tout près du seuil extérieur de la boutique. Elle était rassasiée pour le moment...
Tout ce qu'elle voulait en cet instant, était de se procurer une arme digne d'être manipulée par une femme de son statut et surtout, ayant les superbes qualitées de cisailler la peau fragile et tendre de la Cazador. Oh ouiiiii...lui faire terriblement de mal...répandre son sang...
"Vous êtes la bienvenue, Mademoiselle…N'ayez aucun scrupule, je suis maître chez moi et ne suis pas tenu à un horaire… Par contre je répugnerais à vous retarder et vous faire courir le moindre risque en vous laissant sortir seule de mon magasin à une heure trop avancée… Peut-être êtes-vous étrangère à cette région ? Il ne fait pas bon sortir tard le soir, ici…"
La vampire émit un petit rire cristallin puis posa une de ses mains délicates sur le comptoire le plus près. Munie de son plus séduisant sourire, elle lui répondit d'une voix suave :
" Quel galant homme... vous inquiéter de ma personne alors que nous venons à peine de nous recontrer. Peut-être es ce dangeureux à l'extérieur... mais permettez moi de vous dire que toutes femmes étant en aussi bonne et belle compagnie, souhaiteraient ardement qu'il y ait une vile menace à l'extérieur, simplement pour prolonger le temps passé avec un homme vaillant tel que vous, monsieur... "
Un petit sourire coquet naquit sur ses lèvres églantines alors que ses iris azur détaillèrent discrètement le jeune homme. Vraiment dommage...il serait encore davantage séduisant vampire ce bel Adonis. Dommage encore... et encore...
Il alla verrouiller la porte et la belle sanguinaire en profita pour s'approcher davantage du comptoire, dans l'espoir d'observer quelques pieces interressantes de son talent. Visiblement, cet homme avait non seulement le talent naturel d'être pourvu d'une beauté virile, mais aussi possédait le don de confectionner des armes épatantes. Avoir su avant...
Il revint vers elle, se positionnant derrière le comptoire, une de ses créations en main. Alexandrine lui sourit poliement, gardant une position noble et légerement pudique.
"Que puis-je pour votre service ?..C'est ma dernière création"
La cainite baissa un moment son regard profond afin d'observer l'arme plus attentivement. Certes, il avait bien le droit d'en être fier puisqu'elle était parfaite en tout points, du moins, de sa vision à elle. Elle releva ses prunelles scintillantes et lui sourit de nouveau.
" Vous avez tout un talent, mon cher... cette pièce est magnifique... tout comme son créateur, je précise..."
Elle garda son sérieux tout en soutenant son regard, puis fini par sourire, intérieurement amusée de courtiser elle-même un homme, un humain qui plus est ! Pourquoi pas ? Par simple amusement... ensuite, elle l'oublierais et passerais à autre chose, comme ses fixations maladives sur la tueuse, par exemple...
"Que recherchez-vous ? Une arme pour vous ou pour un homme ?"
Le sourire doucereux de la vampire se tarit légerement, laissant place à une expression plus sérieuse et professionelle.
" Hmmm... je recherche une arme qui soit légerte et commode pour ma modeste personne. Une arme que l'on puisse facilement camouffler et qui ait la capacité de... trancher facilement la chair d'une menace quelconque. Avez-vous une arme à me conseiller ? Quel qu'en soit le prix, cela n'a aucune importance. J'exige la plus grande qualité ! D'ailleurs, vos confections méritent d'être achetés au prix le plus élevé... je crois qu'un artiste tel que vous doit être gracement payé pour de tels chef d'oeuvres ! N'êtes-vous pas de mon avis ? "
Elle pu capter un moment son regard et celui-ci baissa le sien prestement, gêné ? Elle n'aurait pu le dire, mais cela la fit sourire malgré elle. Elle fit glisser son capuchon couleur neige, laissant sa longue chevelure ébene parsemer ses épaules. Elle laissa glisser ensuite une main sous sa cape et en ressortit une bourse pleine de pieces. Elle se pencha légerement sur le comptoire et étira son bras afin de se saisir de la main de l'humain. Elle y déposa la bourse en douceur dans sa paume, gardant plus longuement que prévu le contacte de sa main sur la sienne, contacte qui devait être asser froid...
" De la bonne qualité... j'insistes..."
Elle soutint son regard et finit par écarter sa main, la posant sur la vitrine du comptoire, se terrant dans un silence serein. De la bonne qualité pour découper de la viande avariée... _________________
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|  | | Ludovic Sergeï Humain

Inscrit le : 20 Avr 2008 Messages : 19
| Sujet: Re: Acier trempé... [Alexandrine] Jeu 12 Juin - 19:08 | |
| ¤ Quel galant homme... vous inquiéter de ma personne alors que nous venons à peine de nous rencontrer. Peut-être est ce dangereux à l'extérieur... mais permettez moi de vous dire que toutes femmes étant en aussi bonne et belle compagnie, souhaiteraient ardemment qu'il y ait une vile menace à l'extérieur, simplement pour prolonger le temps passé avec un homme vaillant tel que vous, monsieur... ¤
Ludivoc sourit sous le compliment. Il est vrai qu'il était galant, ce qui lui semblait tout naturel étant donné qu'il avait reçu cette éducation et qu'il était plus fort qu'une femme de faible constitution, donc se devait de la protéger. Mais elle avait badiné et lui faisait manifestement du charme. Il n'était pas contre, bien évidemment, car même s'il n'avait plus aucune confiance en la gente féminine, il ne se privait pas d'approcher l'une de ses représentantes quand la proie lui semblait disposée, consentante et suffisamment évoluée pour son époque pour ne pas vouloir se faire épouser ensuite. C'était malheureusement le cas, au début de ce nouveau siècle, les femmes étaient élevées pour chercher mari et être prudes, ce qui n'était pas spécialement du goût de Ludovic, ou ne l'était plus. Raison pour laquelle la plaisanterie de la jeune femme retint son attention. Elle parlait facilement et ne semblait pas être une oie blanche. On a beau être galant, on n'en est pas moins homme…
Elle sourit avec coquetterie et Ludovic fit mine de ne pas remarquer qu'elle l'observait. De son côté, il s'attarda à admirer plus longuement la couleur profonde de ses prunelles, deux saphirs de la plus belle eau, sa bouche sensuelle, la couleur chaude de sa chevelure et son teint d'albâtre.
Maintenant, elle regardait l'épée qu'il venait de créer et il la laissa la prendre en main à son aise afin qu'elle puisse l'observer plus attentivement. Ludovic remarqua qu'elle ne la manipulait pas comme une jeune fille tient une ombrelle et il lui sembla qu'elle devait s'y connaître en arme, ce qui lui sembla inhabituel. Il arrivait qu'un père donne le goût des armes à sa fille, c'était peut-être le cas, surtout dans cet environnement. D'ailleurs son appréciation lui confirma sa première idée et la conclusion le laissa ébahi.
¤ Vous avez tout un talent, mon cher... cette pièce est magnifique... tout comme son créateur, je précise... ¤
La demoiselle était on ne peut plus directe ! D'abord décontenancé par tant de hardiesse Ludovic en fut amusé et un sourire s'épanouit sur son visage, lui donnant tout à coup un air juvénile qui lui ferait pardonner, à coup sûr, le regard insistant qu'il posa tout à coup sur elle.
Une beauté de cette qualité se doit d'être élégante, lisse, douce au toucher et souple pour l'usage qu'on en fait… murmura-t-il doucement, sans préciser s'il faisait allusion à l'épée ou à celle qui la tenait.
Puis il revint aux choses sérieuses, sa cliente étant venu faire son choix, et il lui demanda à qui était destinée l'arme qu'elle recherchait. Elle voulait une arme pour elle, camouflable et qui puisse avoir la capacité de trancher la chair d'une menace. Elle demanda s'il avait une arme à lui conseiller et ajouta que le prix n'avait aucune importance. Elle voulait la plus grande qualité.
¤ D'ailleurs, vos confections méritent d'être achetées au prix le plus élevé... je crois qu'un artiste tel que vous doit être grassement payé pour de tels chefs d'oeuvres ! N'êtes-vous pas de mon avis ? ¤ conclut-elle sous le regard rieur de l'armurier.
Si tous mes clients étaient de votre avis, je ferais fortune ! s'esclaffa-t-il. Malheureusement, la plupart d'entre eux essaient de marchander ! J'apprécie que vous jugiez mon travail à sa juste valeur !
Redevenant sérieux il continua :
Je crois que j'ai ce qu'il vous faut ! dit-il en s'attardant plus qu'il ne fallait à admirer le regard envoûtant et s'en détournant soudain en constatant son audace.
La jeune femme sourit en laissant glisser son capuchon immaculé et une cascade de cheveux sombres fit ressortir l'éclat du grain satiné de sa peau et l'ovale délicat de son visage. Ludovic la vit passer la main sous sa cape et en ressortir en tenant une bourse rebondie. Se penchant, elle saisit sa main gauche, celle qui portait l'alliance, et déposa le petit sac de pièces dans sa paume tout en prolongeant le contact de sa main sur la sienne. Celle de la jeune femme était froide, la nuit devait être glaciale, et le contraste saisit Ludovic, d'autant qu'il sortait de sa forge. Ce ne fut pas déplaisant, bien au contraire, plutôt un agréable rafraîchissement procuré par cette main féminine et ces longs doigts fins sur les siens. Il releva les yeux vers son visage et la regarda avec insistance tandis qu'elle tardait à rompre le contact.
¤ De la bonne qualité... j'insistes... ¤ ponctua-t-elle en soutenant son regard, avant de retirer sa main.
La fraîcheur apaisante disparut et Ludovic décida qu'il était temps de rassembler ses esprits et de revenir à l'affaire en cours.
Je… Oui, comme je vous le disais, je crois avoir ce qu'il vous faut.
Il se déplaça jusqu'à un meuble et en sortit une boîte rectangulaire, recouverte de cuir noir marqué de motifs en relief ton sur ton, qu'il vint poser sur le comptoir. Reprenant sa place derrière le meuble il ouvrit l'écrin devant sa cliente et découvrit une dague couchée sur un velours rouge.
C'est une dague ancienne, époque Renaissance, elle date du début du XVIè siècle et a été fabriquée en Italie. Prenez là en main : elle est légère, fine, maniable, l'acier de sa lame est irréprochable et… heu… peut se cacher où l'on veut ! conclut-il en bredouillant, imaginant l'objet inséré dans le corset de sa belle cliente, ayant pour écrin deux merveilles plus attrayantes que le support de velours écarlate. Le fourreau est livré avec. C'est souhaitable de l'utiliser pour… heu… éviter de se piquer.
Fort heureusement la jeune femme avait gardé sa cape, sinon qui sait où seraient allés s'égarer les yeux de Ludovic en dépit de son désir de regarder ailleurs ? Il lui sembla que la chaleur de la forge avait envahi le magasin et l'armurier fila vers un autre meuble pour garder contenance. Une cliente est une cliente et il devait la considérer comme telle. Un peu de sérieux, Ludovic !
J'ai une autre dague. Elle est très bien aussi, mais moins ouvragée sur le pommeau. Contemporaine, fabriquée par moi et donc moins onéreuse… Voici. dit-il en posant la dague à côté de la boîte de cuir sombre. La lame est de bonne qualité aussi, mais l'objet n'a pas l'attrait de l'ancien. Par contre, elle est neuve et n'a jamais servi. Il se peut que l'italienne aie déjà tué. Ce n'est peut-être pas ce qui convient à une jeune fille comme vous… |
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